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Lomé et son environnement
Article : «Mon coup de cœur pour la musique» du Sénégal (1/3)
Moi, je
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6 mars 2015

«Mon coup de cœur pour la musique» du Sénégal (1/3)

En ce début du mois le plus martial de l’année, une nouvelle série vient s’ajouter à ma planche de billets mondoblogués. Entre canicule et hivernage, la série « Mon coup de cœur pour la musique…» sera un réconfort et porte-bonheur le long de ce mois de mars, palpitant. Point superstitieux, je sens néanmoins par intuition que ledit mois me sera très favorable sur tous les plans. Inch’ Allah !

Musicien moyen, je n’en demeure pas moins un grand mélomane. Mari de toute musique rythmique ou cadencée, pourvu qu’elle soit harmonieuse et fasse bouger. Qu’elle entraîne le mouvement des « devants » ou des « derrières » peu m’importe, la condition c’est que le rythme soit tant soit peu décent.  Mais comment concilier décence et expression de joie ? Manifestation de gaité et retenue ? Un bon thème de réflexion pour psys dont le docteur NathyK qui vit justement dans le pays inaugurant « Mon coup de cœur pour la musique… » : le Sénégal.

Ma première « rencontre » avec la musique sénégalaise s’est faite il y a des décennies à travers le rythme mbalax. Cela avec le Maître Youssou N’Dour, digne représentant de cette musique, tant par sa grandeur que sa renommée à l’extérieur de son pays. Un de ses titres qui m’a marqué est « Dem dem » :

Le mbalax avec ses « ventilateurs » n’est pas le seul rythme du Sénégal, tout comme le ouolof n’est pas la seule langue parlée. Mais pour nous autres non-Sénégalais, ces deux éléments sont tellement liés dans nos têtes que ; lorsqu’on évoque la musique sénégalaise, on n’entrevoit qu’un bon mbalax chanté en ouolof. Mais d’autres registres musicaux sénégalais existent à l’instar du « courant » pulaar avec des tenants comme le Chef Baaba Maal. Je ne peux parler des « grands » du  Sénégal sans évoquer Ismael Lô, dont la musique me fait remonter à la « source » comme celle d’Ali Farka Touré. En tout cas, c’est l’impression que j’ai à chaque fois que je savoure ses morceaux. Incapable de faire un choix parmi ces chefs-d’œuvre, je m’en suis résolu à ne choisir qu’un :« Jammu Africa »  l’hymne du continent africain.

A la prochaine donc pour vous parler des autres représentants et courants de la musique du Sunu Gaal que j’aime. (A suivre)

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Article : Quitter ce pays, m’exiler à Internet ou Electric City
Moi, je
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2 mars 2015

Quitter ce pays, m’exiler à Internet ou Electric City

Petit pays longiligne, coincé entre la République du Bénin, le Ghana et le Burkina-Faso ; le Togo est le pays que Dieu a choisi (d’ailleurs sans mon avis) pour que j’y vois le jour. Il, Dieu doit avoir ses raisons (objectives !?) dont je ne voudrais pas discuter ici avec Lui. Un plaidoyer en parlera peut-être un jour. De mes pérégrinations et de ma vie, le choix pouvait être de résider ailleurs ou d’acquérir d’autres nationalités. Je ne l’ai pas désiré. Le fait est que je vis au Togo et n’en suis pas moins fier d’y vivre. Mais quand les conditions de travail, de vie ou de « survie » du pays ne suivent pas toujours (mes envies), je pense à envisager de le quitter.

J’aime beaucoup les musiques lusophones surtout cap-verdienne. Mais je ne comprenais pas jusqu’ alors, la mélancolie caractérisant cette musique insulaire notamment la morna. Peu à peu, j’ai commencé à comprendre Césaria Evora¹ et les siens ainsi qu’à découvrir mon empathie capverdienne. Le Togo est une « île » dans l’Afrique occidentale. A cause de ses particularités bonnes ou mauvaises mais toujours extrêmes, qui dénotent dans la sous-région. Rien à avoir avec la morna issue elle, comme on peut l’imaginer, des sentiments mornes et mêmes drôles des habitants de l’archipel aride du Cap-Vert. Ici au Togo, ce qui me plonge parfois dans la tristesse c’est la situation générale de la contrée. Voici un beau petit pays avec de grands potentiels pour réussir, mais qui n’engendre que stress et interrogation pour la majorité des ses habitants. Pays «dirigé » depuis bientôt cinquante ans par une « monarchie républicaine » ou comme une « république monarchique » c’est selon. Situation politique bloquée depuis un quart de siècle. Vie sociale morose avec des « smicards » pointant à 35 000 francs CFA (environ 50 dollars US). Vie économique poussive et ; des situations incompréhensibles comme l’absence récurrente d’Internet et maintenant… de l’électricité. J’aime les conditions meilleures de vie, avec tout le confort qui va avec. Je suis un épicurien qui ne conçois pas qu’au 21e siècle, l’on puisse encore vivre avec des conditions de vie semblables à celles des années 1940 ou 1950. Du temps où les colonisateurs européens finissaient d’explorer l’Afrique et son arrière-pays (tente de toile, poste à galène, lampe à acétylène, gramophone…). Nous sommes en 2015 et pour « vivre » comme tout mondialisé j’ai besoin du minimum : labtop Core Duo, smartphone, tablette, PC tour avec clavier bluetooth, chaînes télé satellitaires, connexion Internet haut-débit (avec Wifi si possible) et le comble… l’électricité.

Lomé, lundi 9 février 2015. Dans la matinée, par plus de deux fois surviennent des arrêts brusques du courant électrique pompeusement appelés délestages. Non content de faire payer l’éclairage public par le consommateur (cela j’espère le comprendre un jour) ; ceux qui ont en charge l’énergie au Togo et particulièrement l’électricité ne lui en assure pas une fourniture continue. Et pourtant la facture, elle arrivera à la fin du mois ou au début du suivant. En ce jour, c’est à peine si je puis travailler. Un de mes « informateurs » m’informe que les employés de la CEET² commencent un mouvement de grève pour « protester contre leurs conditions de vie » jugées en deçà du ratio bénéfices de la société/masse salariale. Décidément c’est tout le monde qui « proteste contre ses conditions de vie.»

Lomé, mardi 10 février 2015, 10h40. Délestage ! De nature apparemment calme, je tourne à ce moment-là, du vinaigre à la soupe au lait. J’exécre tous ceux qui s’occupent de l’électricité dans ce pays, du ministre aux compagnies en passant par les agents qui la coupent (les pauvres). Je tourne en rond et mes pouces avec. J’ai chaud. Je n’aime pas la clim mais un bon air frais de climatiseur me ferait du bien. 14 heures ??, le courant revient enfin. Remise en marche de l’ordinateur, des autres appareils et puis 15h00… patatra ! Le courant électrique est de nouveau « coupé. » Je reste calme cette fois-ci, je n’invective plus personne au risque de faire mon premier AVC³ à seulement la trentaine dépassée. A quoi aurait servi donc tous mes joggings, mes footings, mon abstinence intéressée d’alcool et de bon vin de Gironde? Non, jamais, que le non moins bon Dieu m’en préserve ! Je suis bien droit comme un « i » dans mes baskets, stoïque. Où trouver ce jus appelé électricité? Qu’en sera-t-il des probables dommages subis par mes appareils, sensibles? Tout ceci pour se voir, après plusieurs recours, notifiée dans un courrier par le service des réclamations de la CEET la phrase magique : « Nous déclinons toute responsabilité dans la survenue du préjudice subi par votre matériel… » Il y a de l’électricité dans l’air.

[…]

Je ne compte plus les jours et les heures où le courant est ainsi « délesté.» Après l’Internet qui marche à pas de tortue, voici l’électricité qui a de la peine à être fournie. Et les jours suivants, il en a été ainsi presque quotidiennement dans le mois de février. « C’est le Togo !» comme le disent des compatriotes.

Lomé, mercredi 25 février 2015, 07h08. Délestage…. Je croyais être le seul Africain à souffrir chroniquement de la délestopathie 4. Entre temps, le mondomédecin René Jackson a diagnostiqué les causes des « périodes sombres » que leur fait subir à Douala l’ENEO 5, la sœur jumelle de la CEET.

Post Scriptum. Lomé, samedi 28 février 2015, 13h32. Délestage… Au loin dans le ciel, le bruit pétaradant du générateur électrique d’une grosse huile parvient à mes oreilles acouphènes. A part les dernières obligations personnelles, j’envisage sérieusement de quitter ce mignon petit pays. Adeus ‏6 !

 

 

 

1 Césaria Evora (1941-2011) chanteuse Cap-Verdienne surnommée la «Diva aux pieds nus » qui a fait connaître dans le monde, la morna une musique aux accents nostalgiques.

2 CEET : Compagnie Energie Electrique du Togo, qui fournit l’électricité dans ce pays.

3 AVC : Accident cardio-vasculaire.

4 délestopathie : néologisme personnel désignant la névrose déclenchée à la suite des coupures du courant électrique en Afrique.

5 ENEO: la Société nationale de production et de distribution d’électricité du Cameroun.

6 Adeus : Au revoir en portugais.

 

A.H.

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Article : Harmattan bye-bye, on t’attendra
Environnement
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11 février 2015

Harmattan bye-bye, on t’attendra

Meteo sur l'Afrique occidentale
Météo sur l’Afrique occidentale

L’homme, cet éternel insatisfait, avec son alter ego de toujours : la femme naturellement. Des humains donc ! Que voulez-vous, c’est leur nature naturellement. Il et elle sont conçus portés et nés ainsi. Ils désirent ardemment une chose et dès qu’ils l’obtiennent, souhaitent avoir son contraire. Ici en Afrique de l’Ouest, durant neuf longs mois de février à novembre, il a fait chaud, très chaud. Sous les vêtements comme dans les corps. Et tout le monde demandait à sortir de ce carcan avec l’aide de la nature. On attendait donc l’ « hiver ouest-africain» sobrement désigné sous le vocable d’harmattan. D’ordinaire, il survenait au mois de novembre avec ferveur et toute sa « fraîcheur » pour soulager les corps endoloris de chaleur. Mais depuis quelques temps et compte tenu de certains changements dans le programme Climat, il ne vient qu’au Nouvel An. Parfois même en février.

Femme et homme (Image: Conv_Mar modifié)
Femme et homme (Image: Conv_Mar modifié)

Et en début de cette année, ne voulant pas déroger à la nouvelle règle, il a respecté son contrat. Cinq jours après les réjouissances du réveillon, il est effectivement venu, froid et sec. Avec dans son traîneau, son cortège de mal-être : rhume, grippe, toux, poussière… Et (re) toc ! Revoilà l’homme et sa femme qui se plaignaient auparavant de la chaleur, maugréant cette fois-ci contre le froid. Dur, dur d’être homme et femme. En tous cas, l’harmattan a compris les complaintes de ces deux humains. Il n’a fait qu’une quinzaine de jours et est parti. Mais moi dans mon coin et ma croyance, je croyais qu’il allait nous faire le coup du 13 janvier(1) ou bien celui du 5 février(2). Et j’attendais. Mais en me réveillant ce matin, j’ai compris qu’il- l’harmattan, ne reviendra plus ; sinon l’an prochain. Alors harmattan merci pour tout, ta fraîcheur, ta poussière, tes rhumes et aussi pour avoir prêté ton substantif à un semestre des étudiants loméens. À l’année prochaine donc harmattan. On t’attendra !

Semestre Harmattan (novembre à février), Université de Lomé
Semestre Harmattan (novembre à février), Université de Lomé

 

(1) Le 13 janvier 1963, jour de l’assassinat (revendiqué par Etienne Eyadema) du premier président du Togo Sylvanus Olympio (1902-1963) et d’après de nombreux témoignages, le ciel calme et ensoleillé de la capitale Lomé se voila soudainement provoquant un « harmattan » dans l’harmattan.

(2) Également le 5 février 2005, date de l’annonce du décès de l’ex-chef d’Etat togolais Gnassingbé Eyadema (1936-2005) ,un vent inhabituel suivi de crachin dans la soirée, déclencha un « harmattan » le lendemain. Phénomènes naturels ou événements mystiques post-mortem ? La « disparition » de dirigeants africains est toujours accompagnée de supputations.

A.H

 

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Article : Guerre des plumes dans les rues : 2 053 743 (Episode 2)
Société
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3 février 2015

Guerre des plumes dans les rues : 2 053 743 (Episode 2)

Credit: fr.freepik.com
Credit: fr.freepik.com

 

Vous vous rappelez l’épisode 1 ou le début de ce « combat » que les faiseurs de « plumes » ont livré au nom des élèves dont les écritoires, pouvaient être considérés comme leurs outils de travail. Et du paysan africain qui utilise la houe ou la daba comme un stylo pour faire de la culture. Vous vous souvenez aussi, sûrement du nombre de ces élèves : deux millions.

Plus exactement 2 053 743 élèves. Multiplions donc cette donnée par le prix moyen d’un « bic », 88 francs Cfa. A l’heure des cartes-mères miniaturisées et des ordinateurs intégrés, qui «s’amuserait » encore à se rappeler les règles de calcul mental ? Sortons calmement la pas très épaisse calculatrice, et pianotons sur son pavé numérique… Avec sa précieuse aide, le produit du prix d’un bic par le nombre d’apprenants donne (Prix d’un bic (X) Nombre d’apprenants =) 180.729.384 de francs Cfa potentiels. A repartir entre les principaux fabricants de stylos représentés localement. Et encore, chaque apprenant (e) n’utilise pas un unique stylo d’encre bleue ou noire par année scolaire. Il (elle) en perd, en change, en rechange et (aussi) en d’autres couleurs tout le long de l’année. Ce qui pourrait porter le multiple des 180.729.384 francs à 2, 3, 4 voire plus… Un juteux immense marché donc, vous convenez !

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Ecolier africain (Crédit photo: Avec l’aimable autorisation du mondoblogeur et mondofrère William Fonkam, lepetitecolier.mondoblog.org )

Ces fabricants de « plumes » ont été plusieurs à s’être impliqués dans cette guéguerre de « plumassiers. » Les stigmates de cette bataille concurrentielle sont encore visibles sur le terrain. Les rues de cette modeste capitale portent encore les marques des vendeurs de « pennes. » A savoir les légendaires « français » Conté…, les « anglais » Reynolds…, les nigérians et ivoiriens OK Pen, les « allemands » Schneider, Staedtler, le « chinois » Beifa, tout récemment les « indonésiens » Cello, etc. A l’occasion de la dernière rentrée, ils se sont volés dans leurs plumes. Dans les rues, sur les murs ou sur les panneaux publicitaires, tout a servi à montrer ses couleurs. Les « plumes » ont fait le paon sur les avenues et les boulevards.

Pub de stylos....
Pub de stylos….

Tenez, tel fabricant qui « … vous en donne toujours plus. » Quoi ? De l’encre et encore de l’encre ! Dans un stylo qui « écrit jusqu’à la dernière goutte. » Car pour l’autre « les détails sont plus importants. » J’en passe et des meilleurs. Vraiment ces entrepreneurs possèdent l’art de la vente. Ils pourraient même vous vendre des pennes à la place d’un poulet en entier, rien que pour faire de vous une plume.

Pub de stylo, Lomé (Crédit photo : A. Honyiglo)
… Dans les rues de Lomé (Crédit photo : A. Honyiglo)

Il y a parmi ces plumiers, un qui mérite qu’on s’y penche. Tellement sa « plume » a tellement accompagné nombre d’entre nous, qu’ils doivent être une forte minorité (s’il s’en trouve) qui n’ait  jamais tenu ce « pistolet » entre leurs doigts.. Point est-il besoin de renommer ici, le célèbre stylo aux trois lettres dont le nom est rentré dans le langage au point de désigner « tout stylo à bille, quelle que soit sa marque (Larousse) ». Un politique togolais, El-Hadj Coubadja Touré, déclara un jour lors de la Conférence nationale souveraine : « Notre arme, c’est le bic.» Tout est dit et vous l’aurez compris, cette « arme » c’est le Bic. Le crayon ou le stylo sont de redoutables armes de combat (d’idées).

                                      … bleue si possible (Crédit photo : A. Honyiglo)
                   … bleue si possible (Crédit photo : A. Honyiglo)

Tellement ce « bic » a mes entiers suffrages et m’a permis de (m’exprimer) et d’exprimer mes idées, mes états d’âme. [Que j’en suis presque tombé « amoureux.»] A l’heure où tablettes, écrans tactiles, claviers intelligents tentent de le substituer. Pourquoi et comment je suis « tombé » amoureux dans cette histoire de bic ? Cela, utilisez tout le matériel mental pour y cogiter, et je vous en parlerai prochainement… (A suivre).

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Article : Guerre des plumes dans les rues : 2 053 743 (Episode 1)
Société
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25 janvier 2015

Guerre des plumes dans les rues : 2 053 743 (Episode 1)

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Credit: www.fr.freepik.com

La guerre de Troie eut peut-être eu lieu, mais celle des oies est en train d’être lieu. Bien lieu à des milliers de lieues de la célèbre ville antique grecque. Pas spécialement la guerre des canards, mais de leurs plumes et de leurs encres. Elle a commencé ici chez nous en septembre dernier, à l’occasion de la rentrée académique.

Alors qu’il n’y a pas longtemps, les élèves et les étudiants ont entamé le deuxième trimestre de l’année académique, voici racontée, cette bataille que les fabricants de « plumes » se sont livrée en leurs noms_ceux des élèves. Heureusement, il n’y a eu (n’y aura) ni mort ni blessé. Seuls les portes-monnaies des parents

Credit : thinkstockphotos.fr
Credit : thinkstockphotos.fr

 

Cette année scolaire 2014-2015 n’a pas connu de report. Ni pour cause d’inondations, ni pour le cholera, encore moins pour Ebola. Des grèves de personnels enseignants et la fermeture d’écoles confessionnelles ne sont survenues qu’en décembre dernier (et encore sporadiquement récemment). Les écueils, ce sont les parents d’élèves qui l’ont connus, pour payer les multiples fournitures scolaires à leurs enfants. On s’est arraché les cheveux, on s’est serré la ceinture, on s’est endetté pour la bonne cause : celle de l’avenir des élèves. Le matériel scolaire n’est pas hors TVA (je crois) et un stylo ou « bic » s’achète entre 75 et 100 francs CFA. Vous n’aimez pas les chiffres. Bien. Vous allez en baver tout à l’heure !

Donc, prenons le prix moyen d’un stylo de 87, 5 arrondi à 88 F CFA. Puis, ne tenons pas compte des 6 925 001 personnes habitant actuellement le Togo selon le T.A.N* de 2010. Puis ne tenons pas compte encore du gros lot des étudiants dont le nombre fluctuent en fonction du caractère public, privé, des dates de rentrées, des semestres… des universités. Pointons plutôt le spot sur les élèves et les lycéens du Togo qui, d’après le ministre des enseignements primaire et du secondaire, seraient « deux millions cinquante-trois mille sept cents quarante trois(2 053 743) » précisément, à avoir pris le chemin des classes en septembre dernier. Tenons-nous en donc à ce chiffre. Une aubaine pour les fabricants de matériels scolaires et leurs distributeurs locaux. Tous les élèves ne peuvent pas avoir tous les matériels scolaires : instruments de mesure (règles, compas…) crayons, feutres, gomme etc. ; mais chaque élève a au moins un cahier et une écritoire.

Une personne a dit qu’ « un agriculteur ne peut aller au champ sans son outil aratoire.» En Afrique, il y a peu de moissonneuse-batteuse. (Nous) Plutôt le paysan, n’utilise pas assez de tracteurs, pas beaucoup la charrue. Même si cela a fait dire à « Quelqu’un » que « le paysan africain n’est pas assez rentré dans l’Histoire… » ; c’est donc avec la houe et la daba qu’il_le paysan, cultive la terre et arrive à réaliser les productions excédentaires exportées et prisées dans le monde. Le pauvre ! D’accord. Et maintenant, un(e) élève qui irait en classe sans un stylo ressemble-t-il (elle) au paysan qui va au champ sans sa houe ou sa daba ? Avec quoi feront-il (elle) de la culture, au sens propre comme au figuré ? Énigmatique ? Non, pas vraiment comme la suite de cette histoire le montrera (A suivre).

credit: jacques-lacour.blogspot.com
Crédit: jacques-lacour.blogspot.com

*T.A.N : Taux d’accroissement naturel (2,84 % en 2010)

 

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Article : Je suis Charlie, j’ai dû être un Cabu
Moi, je
2
11 janvier 2015

Je suis Charlie, j’ai dû être un Cabu

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Fan de bandes dessinées, je suis effondré depuis mercredi et l’assassinat des « amis » de Charlie Hebdo, particulièrement Cabu. Triste, je me console avec mes souvenirs d’années-BD et caricatures, ainsi que mes « sautes » drôlettes qu’il, Wolinsky, Tignous… n’auraient pas détestées.

« …Le rire à haute dose réduit la tension artérielle et le rythme cardiaque, apaise la douleur, renforce le système immunitaire et diminue la sécrétion des hormones responsable du stress. Le problème, c’est de trouver suffisamment de raisons de rire. »*

Elisabeth Jean Pascoe et Lynne Zeranee, Woman’s Day Magazine.


 

Tout a commencé avec Emilie, de qui je suis tombé amoureux. Je devais avoir combien ? Allez, quatre, cinq ans. Je crois. Précoce me diriez-vous. Attendez, de même que  la valeur, « l’amour n’attend pas le nombre des années.»

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Détournement de titre d’ Emilie

Puis je fis la rencontre de Martine.

Détournement de titre de Martine (www.topito.com)
Détournement de titre de Martine (www.topito.com)

Très, très belle. Plus qu’Emilie ? Je ne saurai l’affirmer. La certitude est que je suis (re)tombé amoureux. Cette fois, d’elle-Martine. Mais je me suis vite rendu compte que, je n’étais pas une fille, ni genre à jouer à la poupée. Et comme elle aussi ne voulait pas faire de jalouse, me plaqua rapidement. J’allais donc vers mes préoccupations plus « garçon.» Je voulus faire des choses de « grands », d’hommes. Je commençai mes aventures avec Astérix, les Schtroumpfs, Les Pieds Nickelés, Lucky Luke et Blueberry …

asterixxx indexschtrrrEt j’appris à faire de la moto avec Jean-Michel Charlier, Graton et Ago. Puis à voler, pas dérober, mais à piloter des avions avec Tanguy et Laverdure, Buck Danny et a même « … marché sur la Lune », avec Tintin

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buck dany

Ayant suffisamment appris de la vie, je décidai d’entrer en politique. Notamment avec l’aide de Papa qui me fit découvrir le magazine Le Point. Et Papa-m’a-dit, qu’on ne pouvait lire Le Point sans croiser Jacques Faizant.

Dessin de Jacques Faizant
Dessin de Jacques Faizant

Ah quels délices, Faizant et ses dessins. Inoubliables ! J’en ris tout un mois. Je ne pouvais plus me passer chaque semaine, du numéro du Point. Surtout que Papa finisse très vite de le lire pour me le prêter ou carrément je le lui chipais. Naturellement, Le Point me fit connaître Le Canard Enchainé, Charlie-Hebdo et Cabu (confondu souvent, j’ignore la raison, avec Coluche) ! Cabu ne me faisait pas rire. Il me faisait plutôt marrer !

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C’est en grand garçon que dorénavant, j’allais acheter « moi-même » les numéros du Canard ou de Charlie ; et commençai à comprendre les méandres et les arcanes de la politique. Les conspirations, les trahisons comme les loyautés. Je découvris aussi les quotidiens Libération, Le Figaro, Le Monde avec son Plantu. De même que de vieux numéros du Crapouillot dans de vieilles malles, avec lesquels je fis ma « carrière» politique.

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Dessin de Plantu

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Ah ! Plantu (heureusement vivant). Avec lui, j’appris à connaître les « animaux politiques » Marchais, Mitterrand, Chirac, Pasqua, Bérégovoy, Cresson, Balladur, Le Pen, Villepin et cetera et ceteri.

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Une partie du « Zoo politique  » de Navarre…

Puis en Afrique, je découvris les satiriques ivoirien Gbich, togolais La Parole, Kpakpa Désenchanté avec l’excellent dessinateur çatirerisq (d’ailleurs je me demande où il se trouve aujourd’hui) et maintenant Pipo, Sika’a… avec les caricatures du Mondoblogeur Donisen.

Aujourd’hui, je suis triste parce que Cabu n’est plus là, Wolinsky… aussi. Mais je puis me consoler qu’ils m’aient aidé à devenir un « vieux routier » de la politique du monde. Qui a appris que, le rire reste la meilleure « arme d’expression » contre la violence, l’extrémisme et la lâcheté de certains ignobles. Bons coups de crayon Cabu, Wolinsky, Tignous et tous les autres…

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* Abonnez-vous alors à Charlie Hebdo.

A.H.

 

 

 

 

 

 

 

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Article : Harmattan « Bonne arrivée ! » On t’attendait
Environnement
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5 janvier 2015

Harmattan « Bonne arrivée ! » On t’attendait

Harmattan sur la plage de Lomé
Harmattan sur  Lomé (Crédit photo: A. Honyiglo)

Ça y est, il est là ! Pas le nouveau Beaujolais ni l’ancien Sodabi, mais bien l’harmattan. Et mon « matériel» aussi est bien là:

Les éternels papier-mouchoirs,
Les éternels papier-mouchoirs,
le baume n°1 des Togolais…
le baume n°1 des Togolais…

et un pull-over léger. En cette nouvelle année, au réveil ce matin, j’ai plutôt un sentiment mitigé. Le thermomètre affiche 23 degrés Celsius. Je suis partagé, entre la bonne fraîcheur qu’amène cet harmattan et la frousse qu’il provoque chez les tout-petits. C’est vrai, les habitants des régions froides ne pourront peut-être pas saisir le phénomène. Partir des 30-35 degrés Celsius pour tomber douze ou sept degrés plus bas, pour nos corps qui ont été dans la chaleur tropicale toute l’année, c’est un peu comme quitter Tombouctou pour Tampere. Sortir de la chaleur torride pour rentrer dans le froid polaire.

Ceux qui je plains le plus donc, ce sont les enfants, les élèves. D’autant qu’aujourd’hui c’est leur rentrée, après les congés de Noel et du Nouvel An. Et l’harmattan n’a trouvé mieux que ce matin pour « sortir.» Les petits d’ici n’ont pas l’eau chaude au bout du robinet « rouge. » Ils doivent s’ils le peuvent, aller chercher du bois, du charbon pour faire de l’eau chaude. Et il y en a qui doivent se laver avec de l’eau froide ou même pas. Brrrrrrrrr ! Les pauvres. Pour rien au monde, je n’aimerai plus être à leur place. Mais :

– « L’éducation est la deuxième clé de notre liberté.» (Jean-François Zobel)

et « L’école, la meilleure porte de sortie de l’ignorance.» (Aristides H.)

                                                                                              (Photo :   )
(Photo : )

Alors, école, école et encore école. Harmattan « Bonne Arrivée !» Mais ne soulève plus les boubous en bazin riche des dames.

 

La ville de Ouagadougou avant...
La ville de Ouagadougou avant…

 

 

...et sous l'harmattan (Crédit photo: A. Honyiglo)
…et sous l’harmattan (Crédit photo: A. Honyiglo)
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Article : Une journée en argot loméen
Société
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23 décembre 2014

Une journée en argot loméen

Cathédrale_Lomé_Togo_photo_aristides_honyigloLa cathédrale de Lomé construite en 1901-1902 (Crédit photo A. Honyiglo)

Lomé au Togo, est la seule capitale au monde (à ma connaissance et j’espère me tromper, à l’opposé de Brazzaville et Kinshassa, elles séparées par un fleuve) à se situer sur une frontière, celle d’avec le Ghana. A l’origine, le lieu aurait été fondé au 17e siècle par un certain Dzitri. Mais la ville est « née » en 1879 à la suite d’ imbroglios diplomatico-admnistratifs entre les colonisateurs européens : anglais, français puis allemands.

La bande côtière à cet endroit, était occupée par des populations autochtones (les Bè), les esclaves affranchis d’origine africaine (revenus essentiellement du Brésil) et des commerçants européens. Cet ensemble généra une sorte de « patchwork » dominé par la culture et la langue éwé. En 1884, la colonisation allemande s’installe au Togo pour 30 ans ; suivie par l’administration provisoire anglaise (1914-1920). Puis, le mandat du Togo est «confiée » à  l’administration coloniale française de 1920 jusqu’à son indépendance en 1960. Aujourd’hui, la langue dominante à Lomé est le mina issu de l’éwé, avec des emprunts en français, en allemand, en d’autres langues togolaises et aussi un argot influencé par le voisin anglophone. Voici ce que pourrait donner les expressions d’une journée à Lomé, en argot mina traduit en français :

M’* tsé le naït’ a (J’ai dormi la nuit). Mornin’ a (Le matin), je me suis levé du bed (le lit). J’ai fait les pling’(aller au toilettes) et j’ai la (se laver). J’ai san na (saluer) mibo o** (femmes), adja o (les mecs) et copa o (copains, amis). Après, aka lom’ (j’ai eu faim) et j’ai cherché un pin(to) (pain) pour faire ti (thé, chocolat, petit déjeuner).

petit dej (geopolis.francetvinfo.fr)
Petit déj (Photo:geopolis.francetvinfo.fr)

Afta, taïma lé west (le temps filait) et m’to lé mé (je suis parti). Je n’ai pas de tuvoi (voiture) j’ai donc tché (peut-être du verbe to catch en anglais = attraper, prendre) un zed (« Z » diminutif de Zémidjan, moto-taxi) apso (moto).

En cours de trajet, on a miit (nous avons rencontré) les bol’ o (les policiers) qui nous ont arrêtés. Évidemment qu’ils voulaient prendre leur ébléa (argent, fric) ! Le zedman (conducteur de moto-taxi) a fait taméa («glisser » quelque chose) et nous sommes repartis. Mais juste avant d’arriver au tra (travail), nous avons eu une panne sèche. On a payé du boudè (essence de rue, frelatée). J’ai donné au zed ses deux balles-cé (deux cents cinquante francs) et l’a sélè (laissé).

Moto_taxi_Lomé_Togo_photo_aristides_honyigloUn « Zed » sur sa moto-taxi (Crédit photo: A. Honyiglo)

Au boulot, j’avais chaud dans mon kpon (costume). J’étais un peu sick (malade). Mon tron-pa (chef, patron) rouspétait, mais nye m’ maïyi né o (je ne me préoccupais pas de lui). Je pouvais dire des fougan (foutaises), mais heureusement m’ to cleva (j’étais prudent) et n’a rien dit. A la pause, je n’ai même pas bèté (manger) le rimé (le riz) que j’ai baïy (acheter). J’ai juste bu un Pure water (poche d’eau en plastique). Afta m’to lé mé (après j’ai filé) yi zon (à la maison).

 

Pure water, poche d’eau en plastique (Photo: modernghana.com)
Pure water, poche d’eau en plastique (Photo: modernghana.com)

*M’ : je

**O : souvent marque du pluriel

 

Lexique alphabétique argot loméen

adja : mec – afta :après en anglais – aka lom’ : avoir faim – apso– apsonic, marque de moto

bed : lit en anglais – bedy : matelas – bèté : manger – bol’ : policier – –bomi : filles- boudè : essence frelatée – baïy :du verbe to buy, acheter en anglais

copa : ami

deux balles-cé : 250 Francs

ébléa : fric, argent

fougan : foutaise

maïyi : de mind, faire attention à – m’to lé mé : filer à l’anglaise – miit : du verbe to meet, rencontrer en anglais– mimbo : filles, femmes –mornin’ ou moni : matin, de morning en anglais– naït’ = nuiten anglais

oléyia = moto-taxi, littéralement «  vas-tu ? » en mina– ‘ouma = femme, maman

pato : pâte de mais ou akoumé – pin(to) : pain – pling’ : aller aux toilettes – Pure water : poche d’eau en plastique

rimé : riz

sa na : saluer – sélè : verlan de laisser- sick : être malade en anglais

 taméa : pot-de-vin, corruption – tché : attraper – ti : thé, petit déjeuner – taïm’a : tempsen anglais – tsé : dormir– to cleva : être prudent en anglais – tron-pa : patron – tuvoi : verlan de voiture

west : du verbe to waste, perdre en anglais

 yi-ssè : laisser

zed : diminutif de Zemidjan, « z » moto-taxi – zedman : conducteur de moto-taxi – zon : maison

 A.H

 

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Article : Harmattan arrive, on t’attend !
Environnement
6
7 décembre 2014

Harmattan arrive, on t’attend !

Capture d’écran de la météo sur la chaîne LCF
Capture d’écran de la météo sur la chaîne LCF

Vers la fin de chaque année, il y a un « petit » phénomène qui arrive ici et (s’il ne laisse pas indifférent) me perturbe : l’harmattan.

Tous les enfants qui ont fait ou font école au Togo l’écrivent. Cela, à partir du Cours élémentaire CE1 dans leur cahier d’« Histo-Géo.» Avec une écriture appliquée, écoliers et écolières couchent sur les lignes et interlignes, cette leçon classique :

  • «Géographie:Les éléments du climat : les vents.

    Retenons : Le vent, c’est de l’air en mouvement. L’harmattan et la mousson sont les deux vents qui soufflent au Togo.
    L’harmattan est un vent froid, sec et poussiéreux qui souffle du nord vers le sud. Ce vent apporte la sécheresse… »

Harmattan qui es-tu pour m’avoir donné et se prépare une fois de plus, à me donner du souci en cette fin d’année ? Est-ce toi qu’ « Armand attend » ou tu es « Jonathan » comme le crie un petit neveu. Qui es-tu donc pour m’avoir valu il y a des lustres trois fessées, juste pour avoir omis un « s » final dans un devoir sur toi ? Ouillle aïïïe laaa… maître Amouzou ! Aujourd’hui, on ne donne plus le coup de bâton (comme à notre époque). Mais c’est sûr, toi et ta copine la mousson , allez encore donner du fil à retordre aux élèves des CE et CM. Je ne peux pas dire vraiment que je te déteste, mais tu m’intrigues tous les ans. A cause de toi, je dois encore « aller sur le net » malgré cette connexion que même une tortue dépasse. Que n’ai-je pas utilisé ? L’ADSL, la clé 3G ; la 4G (?), la Hélim, la Togocel je ne sais plus. Rien n’y a fait. Le mondoblogeur Eteh Adzimahe se demandait il y a deux mois, s’il fallait « dire un requiem pour la connexion Internet au Togo » ? Je crois que le requiem est fini et qu’on est en pleine sortie de deuil ! Internet existe-t-il encore au Togo ? Avec ce débit, je crois que je vais bientôt jeter l’éponge pour l’aventure Mondoblog. Nous voici donc sur Google et cherchons harmattan.
Pour résumer, deux centres atmosphériques se partagent l’espace au-dessus de l’Afrique. Aux latitudes subtropicales, des centres de hautes pressions ou Anticyclone (A) et aux latitudes équatoriales des centres de basses pressions ou Dépression (D). Des vents réguliers, les alizés, soufflent des hautes pressions vers les basses pressions. Les alizés du Nord-Est, secs et chauds constituent l’harmattan. Les alizés du Sud-Ouest chauds et humides forment la mousson. La zone de rencontre entre la mousson et l’harmattan est le Front Intertropical ou FIT. Ce FIT est dévié par la force de Coriolis à droite dans l’hémisphère nord. Et c’est cela avec le mouvement apparent du soleil, qui détermine l’alternance des saisons sèches dans la zone intertropicale etdonc l’harmattan.

Capture d’écran de la météo avec le FIT le long de l’Afrique de l’ouest
Capture d’écran de la météo avec le FIT le long de l’Afrique de l’ouest

Il y a quelques années, neuf ou dix, Harmattan tu survenais vers la mi-novembre. Juste après la dernière pluie de la petite saison pluvieuse de septembre à octobre. Et le lendemain d’après cet orage, vers 3 heures du matin, tu pointais ton nez en léchant les nôtres, en les fragilisant. Puis tu nous réveillais par une légère brise fraîche, froide qui nous transperçait le visage, le corps et puis les os. La température descendait même à 16° Celsius. Tu nous apportais « l’hiver » cadeau, sans qu’on aille au Consulat de France, Avenue Général de Gaulle ; pour une demande de visa court séjour. Sans qu’on vive les tracasseries et le stress des formalités de voyage pour l’espace Schengen.
Mais depuis trois ans, Harmattan tu ne viens qu’en décembre, en janvier voire en février comme cette année. Et au lieu de nous apporter la fraîcheur, tu nous rapportes la « chaudeur.» Peut-être que je me trompe, mais est-ce cela les « changements climatiques ?» Ou l’«effet de serre, » qui nous cuit, serre le cou et les poumons jusqu’à nous étouffer ?
Harmattan, je t’aime bien parce que tu mets la « clim » gratuitement dans nos chambres la nuit. Grâce à toi, on peut rattraper la lessive dans la soirée car tu sèches le linge dans la nuit, « propre !» Mais ces dernières années, je crois que tu exagères. Tu en abuses même. A cause de toi les chambranles se gonflent, les portes se dégonflent, les paumelles crissent et les clés se coincent. Les tableaux se fissurent tandis que les meubles explosent littéralement. Les plantes, les fleurs sont défleuries et les arbres entrent en défeuillaison. Tu assèches les cours d’eau, dessèches les routes latéritiques qui inondent à leur tour, tout de poussière. Des marchandises en passant par les literies, les habits, la nourriture, les livres… tout est recouvert jusque dans les moindres interstices, par cette impertinente fine poudre jaunâtre de sable saharien. À chaque passage d’automobile, c’est la « Croisière jaune.» La visibilité est réduite souvent à moins de dix mètres, avec ta brume sèche.
Harmattan, toi seul tu nous apportes la poussière, le rhume, la grippe, la toux. Mais comme si cela ne te suffit pas, tu ramènes aussi la méningite, le choléra, et qui sait le tristement ebola (?) Que t’avons-nous fait ? Quelle faute l’Afrique de l’Ouest a-t-elle commise envers toi ? Il paraît que tu cours jusqu’en Afrique Centrale. Non, c’est trop. Nous qui pensons oublier avec ta venue, ta copine la mousson et ses scènes d’inondations. Doit-on la préférer avec sa cohorte de moustiques à toi ? Je ne sais vraiment plus. Un proverbe de chez nous dit : « Vendre le voleur, pour acheter le sorcier.» Du mauvais au pire donc.

Scène d’inondation à Lomé en 2013 (Photo : A. Honyiglo)
Scène d’inondation à Lomé en 2013 (Photo : A. Honyiglo)

Tu transformes les nez en papier mouillé, à force de se moucher toutes les 47 secondes. Tu nous « blanchis » nous faisant ressembler à des enfants de meunier. Ton vent sec gonfle les boubous des hommes comme s’ils voulaient faire du parapente. Tu vas jusqu’à soulever les boubous en bazin riche des femmes ! Wallaï, « Sacrilège à Mandali. »* Tu malmènes leur belles peaux, les tortures, asséchant les grasses et fendillant les sèches. Les lèvres sont pâles comme celles d’un ancien buveur de Sodabi**. Les ongles cassent, les yeux deviennent rouges. Même les hommes pas très prompts à flirter avec les produits cosmétiques sortent eux aussi les armes anti-harmattan (AAH) : brillants, baumes, crèmes, pommades, beurre de karité… Moi qui voulais rester le dernier Togolais à n’avoir jamais utilisé le célèbre « Victago », je crois que je vais aussi m’y mettre cette année, en ce mois de décembre même.
En tout cas, « Qui veut la paix, prépare la guerre, » « On ne montre pas à son adversaire, la pierre qu’on va lui jeter etc.,» mais Harmattan, une info pour toi. Saches que cette année, je me suis préparé, me suis doté. J’ai acquis moi aussi des AAH et n’a pas peur de te les montrer. Ce sont : mes boîtes de « Victago »

Le baume n°1 des Togolais (Photo : A. Honyiglo)
Le baume n°1 des Togolais (Photo : A. Honyiglo)

… et les irremplaçables paquets de papier-mouchoirs.

Qu’est-ce que tu croyais ? Harmattan arrive vite, je t’attends !

* « Sacrilège à Mandali«  : Roman de Adovi John Bosco Adotevi (Togo)
**Sodabi : eau-de-vie forte du Togo, obtenue par distillation du vin de palme, lui-même tirée du palmier à huile

A.H

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Ma ville sous toutes les couleurs vertes

Auteur·e

L'auteur: Aristides HONYIGLO
J'ai longtemps travaillé comme journaliste dans plusieurs rédactions de presse écrite (Golf Info), de radio (Nostalgie, Légend FM) et d’agences, à Lomé.

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