Elle inquiète, la pollution atmosphérique dans nos villes

La pollution atmosphérique dans les villes africaines est devenue depuis quelques décennies, une préoccupation voire un danger sanitaire dont les gouvernants ne semblent pas encore mesurer la gravité.

 

Gaz d'echappement de motos-taxis

Gaz d’echappement de motos-taxis

 

A Lomé (Togo), la pollution de l’air provient essentiellement de deux sources : les rejets des gaz d’échappement automobile et l’incinération des ordures. A cela, il faut ajouter une pollution industrielle localisée aux sites des usines ou entreprises (zone portuaire, garages de réparation…), sans oublier la poussière soulevée par le passage des véhicules sur les routes en terre.

A l’époque, dans les années 1990, on pouvait encore faire du jogging le long des routes ou prendre un verre à la terrasse d’un bar sans ressentir l’odeur des gaz d’échappement de véhicules. Malheureusement, de nos jours, le phénomène de la pollution s’est aussi « mondialisé » chez nous, comme dans les villes du monde. Cette situation de pollution s’est accentuée vers la fin des années 1990, avec la généralisation d’un autre phénomène, les motos-taxis, couplé avec celui de la vente des carburants « frelatés ». De façon visuelle et olfactive, pour peu qu’on ait un « bon nez », on le sent et le ressent en permanence. Que ce soit l’odeur désagréable du diesel des camions et/ou mélangée à celle d’essence des véhicules aux filtres défectueux. Le parc automobile a considérablement augmenté avec l’importation en masse des véhicules d’occasion dits « venus de France ». On perçoit cette pollution surtout aux arrêts des feux tricolores aux heures de pointe, entre 6 heures et 8 heures le matin, à midi et à 17 heures le soir. Ces heures correspondent aux heures de pic des déplacements des utilisateurs d’automobiles et de motos, entre les domiciles et les lieux de travail.

A ce jour, l’on peut avoir du mal à faire les (rares) joggings le long des trottoirs des avenues et boulevards. A la fin des courses, on « sent » avec l’équipement vestimentaire… de l’essence ou du diesel carburé ! Pour preuve, cette autre anecdote que j’ai vécue en ornithologue de banlieue. Il y a quelques mois, je récupérais un moineau blessé à la patte et qui avait dans ses pennes de la suie ou plutôt une graisse noire rappelant du gaz d’échappement. Était-ce dû à la combustion du kérosène des avions dans les nuages ou à la montée des gaz d’échappement dans l’air ? De toute façon, les farandoles d’hirondelles ne sont plus toujours dans le ciel de Lomé !

La deuxième source de pollution très remarquée ici, est due à l’incinération des ordures issues des ménages, des marchés ou même des services de l’administration. Parmi ces ordures, les déchets végétaux, les emballages des commerces, des marchés, de la paperasse des bureaux, etc. Surtout que dans la rue, les Loméens n’ont plus pas l’habitude de jeter les déchets dans les poubelles. J’ai même vu tout récemment un gros tas de coques de noix de coco en train d’être brûlé… à la plage de Lomé ! Alors que ces déchets végétaux sont valorisables.

Dans cette pollution par l’incinération de produits divers, on peut remarquer une constance. Les ordures ne sont ni triées à la source, ni recyclées. Seul un centre de recyclage existe dans la ville. Les divers types d’ordures sont mélangés et brûlées, causant d’importants rejets dangereux. Parmi elles, les déchets d’origine plastique dont l’incinération génèrent des gaz réputés cancérigènes. Dans le quartier de Hedzranawoé, dans la banlieue nord de Lomé, ce phénomène s’est accentué avec l’incinération quasi quotidienne des déchets de fripes par des commerçants peu consciencieux. Un grand marché du même nom se trouve dans le quartier. Enfin la pollution des unités artisanales ou celle des usines (brasseries, cimenteries, de fumage de produits carnés…) y a contribué.

Le phénomène de pollution existe parce que les autorités gouvernementales ou municipales de Lomé n’ont pas encore fait de sa lutte une priorité. Et même s’il faut informer davantage les citadins sur les dangers de cette pollution avant de leur en attribuer la paternité, leur responsabilité est aussi engagée. Car de timides messages de sensibilisation à la protection de l’environnement passent sur les médias mais combien les suivent et combien sont réellement au courant de la réelle menace de la pollution atmosphérique sur notre santé ? Nous sommes tous coupables. Nous devons changer nos méthodes d’élimination de nos déchets. L’incinération n’est pas la seule manière d’éliminer les déchets. Le tri sélectif constituera le prochain réflexe à nous auto-inculquer. Quant à l’importation des véhicules d’occasion, c’est une autre paire de manche. Irions-nous vers le contrôle des pots catalytiques de ces voitures reformées ? Le seul souhait serait de ne pas en arriver un jour aux situations similaires à celle de Pékin, la capitale chinoise, avec son cauchemardesque « smog ! »

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J'ai longtemps travaillé comme journaliste dans plusieurs rédactions de presse écrite (Golf Info), de radio (Nostalgie, Légend FM) et d’agences, à Lomé.
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