Ma visite à Radio Chine Internationale

On peut aussi découvrir un pays par le biais de la radio. En passionné de cet extraordinaire moyen de diffusion, j’ai pu réaliser un rêve, celui de me rendre en Chine avec le concours de la radio chinoise…
Terminal 3, Aéroport international de Beijing (Chine)

Terminal 3, Aéroport international de Beijing (Chine)

C’était un après-midi de samedi. Je me le rappelle comme si c’était la veille. Notre appareil, un B 747-400 aux couleurs bleues atterrissait au Terminal 3 de l’Aéroport international de Beijing ou Pékin. Il faisait vraiment froid dans cette capitale, à mon avis. Du terminal pour les formalités de visa au bus, j’avais du mal à supporter ce froid glacial qui me transperçait la chair jusque dans mes os. L’ambiance tempérée entretenue par d’énormes chauffages centraux n’y faisait pas grand-chose. J’abandonnais très vite l’idée selon laquelle, la Chine était un pays tropical. Malgré les « étoffes » du pullover et de l’anorak que je trimbalais sur moi, j’avais encore froid. De l’aéroport au centre-ville de Beijing, dans l’écran de pollution du smog et la moiteur de l’atmosphère, je n’avais pas pu observer la ville. Malgré tout, je pus distinguer les gigantesques gratte-ciels et surtout les fameuses autoroutes « deux-fois-quatre voies » sur lesquelles nous avions roulé quarante minutes avant de rejoindre le cœur de la ville. Impressionnant ! Dans le bus sur mon siège, je me posais des questions sur une telle démesure architecturale qui, à la fois m’impressionnait et me faisait froid dans le dos. Du béton, rien que du béton ! Ensuite, nous prenions la direction du siège de Radio Chine Internationale, RCI en sigle…

Le bâtiment abritant cet important outil de « propagande » du gouvernement chinois était un imposant immeuble de 15 étages. La pause dans la salle d’attente de la radio internationale dura une vingtaine de minutes. D’après notre interprète, les studios du Service en langue française se trouvaient dans l’autre aile qu’on atteignait en traversant des couloirs circulaires. Il fallait juste prendre les ascenseurs mais non sans montrer patte blanche. En clair, passer des contrôles obligatoires en ces temps de paranoïa sécuritaire généralisée. Nous avions rendez-vous avec le Vice-président de la radio. L’attente dans ce grand hall semblait me peser quelque peu. Néanmoins, je relativisais en suivant le programme d’une télé chinoise sur l’un des écrans au son coupé, accrochés dans deux des angles de l’immense salle. Un Africain qui faisait sa toute première visite dans ce pays et pas n’importe lequel, un empire. Celui du Milieu en tout cas ! Zhongguo, me répétait-on en chinois, plus particulièrement en mandarin.

 

Place Tian’ anmen, Beijing

Place Tian’ anmen, Beijing

 

 

Driiiinng, driiiinng… ! Très tôt le lendemain, la sonnerie tinta et je devais descendre de ma chambre d’hôtel. « Ni-hao¹ » en tout cas, était l’un des seuls mots que je connaissais en mandarin. Je ne pouvais l’oublier. Dès que l’ascenseur s’ouvrait, je faisais : « ni-hao » avec un large sourire. Après, j’allai découvrir et manger le fameux zhou² avec du mantou³ dont un ami étudiant en Chine m’avait vanté le bon goût, dans un grand bol. Puis ce fut une longue journée de découverte. Comme indiqué sur le programme, on passa « …d’abord par la Rue de la Paix éternelle, ensuite l’avenue de Chang ‘an qui traverse le centre de Beijing avant de déboucher sur la fameuse place Tian’ anmen.» C’était comme rimé, « Chang ‘an, Beijing, Tian’ anmen… » Après, ce fut le tour de la fameuse Cité Interdite située juste à côté. 9999 pièces à visiter ! Nous n’en avons fait même pas le dixième. Plus tard, nous visitions le stade olympique qui abrita les Jeux Olympiques de 2008. Une prouesse des ingénieurs Chinois avec une construction aux structures en béton entrelacées.

 

Stade olympique de Beijing

Stade olympique de Beijing

 

Ce ne fut pas tout. Une semaine plus tard, je faisais une excursion dans les régions du Guizhou et du Guangxi pour la Fête de la lune, précisément à Gulong. Une ville littéralement noyée sous les sons des lusheng4. Je brûlais d’impatience pour découvrir cette culture. D’ailleurs les noms des villes chinoises m’avaient tant impressionné que je les assimilais à une image d’oiseaux qui dansent. « Guizhou, Guangxi, Gulong … » Qu’est-ce que tout cela signifiait ? Je me le demandais. Je posai la question à notre interprète Li Jen, un autre joli nom aux sonorités aigües, qui me donna une longue explication sur chacun de ces toponymes.

 

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« Ti di di ouh oug! » Le carillon de Radio Chine Internationale se fit entendre dans mes oreilles. Non, je n’y croyais pas et n’avais aucune envie d’y croire. Quoooi ? Toutes ces images, tous ces paysages extraordinaires dans ma mémoire ne seraient que le fruit du sommeil paradoxal, d’un rêve ? Parce que mon poste radio serait resté allumé sur Radio Chine Internationale ? En tout cas, en une trentaine de minutes, j’avais voyagé comme une semaine passée en Chine. Je le prenais sportivement.

-Allez, je cours dans la salle de bain prendre une douche, fis-je juste. Il fait vraiment chaud en cet après-midi de février, sous les tropiques de Lomé…

 

 

1ni-hao : bonjour, en mandarin

2zhou : petit déjeuner

3mantou : pain

4lusheng : flûte traditionnelle

 

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J'ai longtemps travaillé comme journaliste dans plusieurs rédactions de presse écrite (Golf Info), de radio (Nostalgie, Légend FM) et d’agences, à Lomé.
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