Guerre des plumes dans les rues : 2 053 743 (Episode 1)

plumes222

Credit: www.fr.freepik.com

La guerre de Troie eut peut-être eu lieu, mais celle des oies est en train d’être lieu. Bien lieu à des milliers de lieues de la célèbre ville antique grecque. Pas spécialement la guerre des canards, mais de leurs plumes et de leurs encres. Elle a commencé ici chez nous en septembre dernier, à l’occasion de la rentrée académique.

Alors qu’il n’y a pas longtemps, les élèves et les étudiants ont entamé le deuxième trimestre de l’année académique, voici racontée, cette bataille que les fabricants de « plumes » se sont livrée en leurs noms_ceux des élèves. Heureusement, il n’y a eu (n’y aura) ni mort ni blessé. Seuls les portes-monnaies des parents

Credit : thinkstockphotos.fr

Credit : thinkstockphotos.fr

 

Cette année scolaire 2014-2015 n’a pas connu de report. Ni pour cause d’inondations, ni pour le cholera, encore moins pour Ebola. Des grèves de personnels enseignants et la fermeture d’écoles confessionnelles ne sont survenues qu’en décembre dernier (et encore sporadiquement récemment). Les écueils, ce sont les parents d’élèves qui l’ont connus, pour payer les multiples fournitures scolaires à leurs enfants. On s’est arraché les cheveux, on s’est serré la ceinture, on s’est endetté pour la bonne cause : celle de l’avenir des élèves. Le matériel scolaire n’est pas hors TVA (je crois) et un stylo ou « bic » s’achète entre 75 et 100 francs CFA. Vous n’aimez pas les chiffres. Bien. Vous allez en baver tout à l’heure !

Donc, prenons le prix moyen d’un stylo de 87, 5 arrondi à 88 F CFA. Puis, ne tenons pas compte des 6 925 001 personnes habitant actuellement le Togo selon le T.A.N* de 2010. Puis ne tenons pas compte encore du gros lot des étudiants dont le nombre fluctuent en fonction du caractère public, privé, des dates de rentrées, des semestres… des universités. Pointons plutôt le spot sur les élèves et les lycéens du Togo qui, d’après le ministre des enseignements primaire et du secondaire, seraient « deux millions cinquante-trois mille sept cents quarante trois(2 053 743) » précisément, à avoir pris le chemin des classes en septembre dernier. Tenons-nous en donc à ce chiffre. Une aubaine pour les fabricants de matériels scolaires et leurs distributeurs locaux. Tous les élèves ne peuvent pas avoir tous les matériels scolaires : instruments de mesure (règles, compas…) crayons, feutres, gomme etc. ; mais chaque élève a au moins un cahier et une écritoire.

Une personne a dit qu’ « un agriculteur ne peut aller au champ sans son outil aratoire.» En Afrique, il y a peu de moissonneuse-batteuse. (Nous) Plutôt le paysan, n’utilise pas assez de tracteurs, pas beaucoup la charrue. Même si cela a fait dire à « Quelqu’un » que « le paysan africain n’est pas assez rentré dans l’Histoire » ; c’est donc avec la houe et la daba qu’il_le paysan, cultive la terre et arrive à réaliser les productions excédentaires exportées et prisées dans le monde. Le pauvre ! D’accord. Et maintenant, un(e) élève qui irait en classe sans un stylo ressemble-t-il (elle) au paysan qui va au champ sans sa houe ou sa daba ? Avec quoi feront-il (elle) de la culture, au sens propre comme au figuré ? Énigmatique ? Non, pas vraiment comme la suite de cette histoire le montrera (A suivre).

credit: jacques-lacour.blogspot.com

Crédit: jacques-lacour.blogspot.com

*T.A.N : Taux d’accroissement naturel (2,84 % en 2010)

 

The following two tabs change content below.
aristideshonyiglo
J'ai longtemps travaillé comme journaliste dans plusieurs rédactions de presse écrite (Golf Info), de radio (Nostalgie, Légend FM) et d’agences, à Lomé.
aristideshonyiglo

Derniers articles pararistideshonyiglo (voir tous)

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *